WebP : le format image qui fait du bien à votre site (et à votre référencement)

Si vous avez déjà lancé un audit PageSpeed Insights sur votre site, il y a de fortes chances que vous ayez croisé cette recommandation : « Diffusez des images aux formats nouvelle génération. » En clair, Google vous pousse vers le WebP. Mais qu’est-ce que c’est exactement, pourquoi ça change quelque chose concrètement, et comment on passe à l’action sans se prendre la tête ? C’est ce qu’on va voir.

Ce qu’est le WebP, et pourquoi Google l’a inventé

Le WebP est un format d’image créé par Google en 2010, à partir d’une technologie développée par la société On2 Technologies. L’idée de départ est simple : les images représentent une part massive du poids d’une page web — selon Google lui-même, elles constituaient à une époque jusqu’à 60 % des données transmises sur le web. Or, les formats dominants de l’époque — JPEG, PNG, GIF — commençaient à montrer leurs limites face à des écrans toujours plus denses et des usages de plus en plus mobiles.

Le WebP a donc été conçu pour faire mieux sur tous les tableaux. Il supporte à la fois la compression avec perte (comme le JPEG, idéal pour les photos) et sans perte (comme le PNG, utile pour les visuels avec aplats ou transparences). Il gère également la transparence (ce que le JPEG ne fait pas) et les images animées, comme le GIF, mais en bien plus léger. Un format pour les gouverner tous, en quelque sorte.

Les chiffres avancés par Google sont parlants : une image WebP compressée avec perte est en moyenne 25 à 34 % plus petite qu’un JPEG comparable, et une image WebP sans perte est environ 26 % plus petite qu’un PNG. Sur un million d’images testées, le gain moyen toutes compressions confondues atteignait 39 % par rapport aux formats classiques. Ce n’est pas négligeable quand on sait que le temps de chargement d’un site impacte directement son taux de rebond, l’expérience utilisateur, et in fine son positionnement dans Google.

Concrètement, ce que ça change pour votre site

Un site plus léger, c’est un site plus rapide. Et un site plus rapide, c’est un meilleur score sur les Core Web Vitals — ces indicateurs de performance que Google intègre dans ses critères de classement depuis 2021. Le Largest Contentful Paint (LCP), qui mesure le temps d’affichage de l’élément principal d’une page, est directement amélioré par la réduction du poids des images. Si votre page d’accueil charge une image hero en JPEG de 800 Ko, la convertir en WebP peut facilement la faire tomber à 500 Ko ou moins, sans différence visible à l’œil nu.

Pour un site vitrine ou un portfolio — exactement le type de site internet que je développe pour mes clients — l’impact est encore plus fort. Ces sites reposent souvent sur des images de qualité pour mettre en valeur le travail ou les services. Le WebP permet de garder cette exigence visuelle tout en allégeant significativement la page. C’est le meilleur des deux mondes : des images belles et des pages rapides.

Il y a aussi un effet indirect, moins visible mais tout aussi réel : un site rapide retient mieux les visiteurs. Une étude de Google indique qu’au-delà de trois secondes de chargement, plus de la moitié des utilisateurs mobiles abandonnent la page. Chaque kilo-octet économisé compte.

Les limites à connaître avant de tout convertir

Le WebP n’est pas parfait, et il serait dommage de ne pas le dire. La première limite historique était la compatibilité avec les navigateurs : pendant longtemps, Safari refusait d’afficher les images WebP, ce qui posait un vrai problème sur mobile où Safari représente une part de marché significative. C’est aujourd’hui largement résolu (Safari le supporte pleinement depuis la version 14 en 2020), et la quasi-totalité des navigateurs modernes, Chrome, Firefox, Edge et Opera en tête, l’affichent sans souci.

Deuxième limite à garder en tête : le WebP ne supporte pas le Progressive Rendering, cette technique qui permet à un JPEG de s’afficher progressivement pendant le chargement (d’abord flou, puis de plus en plus net). Résultat, une image WebP peut parfois sembler plus longue à apparaître qu’un JPEG équivalent, même si elle est techniquement téléchargée plus vite. Sur des connexions lentes, ça peut se ressentir.

Troisième point, plus technique : convertir un fichier déjà compressé avec perte (un JPEG par exemple) en WebP avec un niveau de qualité trop élevé peut paradoxalement produire un fichier plus lourd que l’original. La compression en WebP est optimale quand on part d’une source de haute qualité, pas d’un fichier déjà dégradé.

Enfin, pour les logos, icônes et pictogrammes, le SVG reste largement préférable. Le WebP est fait pour les images matricielles — photos, visuels, illustrations « rasterisées ». Pour tout ce qui est vectoriel, le SVG s’adapte à toutes les tailles sans perte de qualité et avec un poids souvent dérisoire. C’est d’ailleurs une distinction fondamentale dans la façon dont je livre les fichiers lors d’une création d’identité visuelle : les logos en SVG, les visuels d’illustration en WebP.

Comment passer au WebP sur WordPress sans se compliquer la vie

Bonne nouvelle : WordPress accepte nativement l’upload d’images WebP depuis la version 5.8. Ça veut dire que vous pouvez déjà uploader vos images directement au format WebP dans votre médiathèque. La moins bonne nouvelle, c’est que WordPress ne convertit pas automatiquement vos JPEG et PNG existants — il faut passer par une extension pour ça.

Deux options dominent le marché et font consensus : Imagify et ShortPixel. Les deux convertissent automatiquement vos images en WebP au moment de l’upload, et traitent en masse votre médiathèque existante en un clic. Imagify est particulièrement apprécié pour sa simplicité d’interface et son mode de compression intelligent qui trouve le bon équilibre qualité/poids automatiquement (gratuit jusqu’à 20 Mo par mois, puis à partir de 4,99 €/mois). ShortPixel, de son côté, fonctionne sur un système de crédits (100 images gratuites par mois) et offre des résultats de compression JPEG particulièrement agressifs, ce qui en fait un choix solide pour les sites avec beaucoup de photos.

Les deux extensions gèrent également le fallback automatiquement : si un visiteur utilise un navigateur qui ne supporte pas le WebP (ce qui est aujourd’hui rarissime mais théoriquement possible), ils servent la version JPEG ou PNG en toute transparence.

Une alternative à connaître pour les budgets zéro : Converter for Media, un plugin gratuit qui convertit toute votre médiathèque en un clic et gère le serving automatiquement, sans toucher aux fichiers originaux.

WebP ou AVIF : faut-il déjà aller plus loin ?

On parle de WebP parce que c’est le format « nouvelle génération » recommandé par Google depuis plusieurs années et désormais universellement supporté. Mais il existe un format encore plus performant : l’AVIF, qui offre des gains de compression allant jusqu’à 50 % par rapport au JPEG, soit environ 20 % de mieux que le WebP dans les meilleures conditions.

Le problème de l’AVIF, c’est que son support navigateur est encore en train de se consolider. Il est bien pris en charge par Chrome et Firefox, mais Edge et Safari sont plus récents dans leur adoption. Pour l’instant, la stratégie recommandée reste de cibler WebP comme format principal, et de proposer AVIF comme couche supplémentaire pour les navigateurs qui le supportent (Imagify fait d’ailleurs ça automatiquement si vous activez l’option). C’est ce qu’on appelle une approche progressive : vous servez le meilleur format disponible pour chaque visiteur, sans vous fermer à l’avenir !

Le WebP n’est donc pas une finalité, mais un très bon point de départ. Un format qui a mis une dizaine d’années à s’imposer pleinement, mais qui est aujourd’hui l’un des leviers les plus accessibles pour améliorer les performances d’un site, et l’un des premiers que je vérifie quand je travaille sur un nouveau projet web.