Celle-ci n’a jamais eu de commanditaire. Comme l’illustration de Bordeaux, elle est née d’une envie de dessiner une ville pour elle-même, sans cahier des charges et sans date de livraison. Ces affiches personnelles occupent une place à part dans mon travail. Ce sont elles qui entretiennent la main, et souvent elles qui donnent des idées que je réutilise ensuite sur des commandes.
Le dessin est entièrement réalisé à la main, au marqueur, au format affiche. Ce médium a une qualité que l’écran n’a pas, il ne pardonne rien. Pas d’annulation, pas de calque à masquer, chaque trait posé reste. Ça oblige à décider avant de tracer, et ça donne au dessin une tenue qu’on n’obtient pas en corrigeant indéfiniment.
La mise en couleur, elle, se fait par ordinateur, une fois le trait terminé. C’est le bon partage des rôles à mon sens. Le geste reste manuel là où il compte, et le numérique intervient pour ce qu’il fait mieux, tester des ambiances chromatiques sans risquer de ruiner l’original.
L’affiche a fait l’objet d’un tirage limité à dix exemplaires, signés. Une série courte, volontairement, parce que l’intérêt de ce genre d’objet tient autant à sa rareté qu’à son sujet. Ce travail d’illustration se prolonge d’ailleurs en commande, pour des clients qui veulent sortir des banques d’images.







