En août 2022, Florent me contacte pour monartisanalsacien.fr, un annuaire qui recensait les artisans de la région. Il avait vu l’illustration réalisée pour Une salle à Paris et voulait le même esprit, transposé à Strasbourg, évidemment… Un cahier des charges qui tenait en une phrase, ce qui est plus rare et plus confortable qu’on ne l’imagine !!
Le dessin rassemble des lieux emblématiques de la ville. La cathédrale Notre-Dame, la maison Kammerzell juste à côté, les colombages de la Petite France, l’église Saint-Paul posée sur l’Ill, et le stade de la Meinau. Ce dernier mérite qu’on s’y arrête. Il ne figure sur aucune carte postale, et c’est précisément pour ça qu’il fallait l’inclure. Une ville ne se résume pas à ses monuments classés, elle se reconnaît aussi à ce que ses habitants y vivent le samedi après-midi. Sur un annuaire destiné à des artisans locaux, ce genre de clin d’œil compte plus qu’une vue touristique impeccable. Et oui y a des cigognes qui jouent au football, et alors ?
Le principe de composition reste celui de mes villes dessinées à la main. Les bâtiments existent tous, ils sont identifiables, mais ils ne se tiennent pas là où ils sont posés sur l’image. On rapproche ce que plusieurs quartiers séparent, pour obtenir une scène dense et lisible d’un seul coup d’œil.
La technique, en revanche, change un peu. Là où les affiches de Paris et de Londres sont tracées au marqueur, celle-ci est entièrement numérique. Le dessin a été réalisé à l’iPad sous Illustrator, donc en vectoriel dès le premier trait, ce qui s’impose pour un visuel de site appelé à être redimensionné sans jamais perdre en netteté. La mise en couleur est venue ensuite sur ordinateur, dans un rendu aquarelle qui adoucit la rigueur du tracé et rattrape ce que le vectoriel peut avoir de froid.

Le site a fermé depuis, et l’illustration lui a survécu. C’est le sort habituel des visuels de commande, ils durent plus longtemps que le support qui les a fait naître. Ce projet dit surtout une chose sur la façon dont circule ce travail. Il est né parce qu’un client en avait vu un autre, sans que j’aie eu à démarcher qui que ce soit. C’est encore aujourd’hui la meilleure raison de soigner une illustration de commande !







